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Que les élites françaises et bruxelloises soient sidérées par le score du Front national d’hier soir, c’est incontestable. Que la France ait adressé un signal supplémentaire de défiance aux eurobéats, après son « non » de 2005 confisqué, par l’écrasement du PS, c’est indéniable, et réjouissant pour tous ceux qui attachent encore de l’importance à la démocratie, et à la souveraineté nationale.
Toutefois, est-ce que ce résultat peut se traduire au niveau européen, à Bruxelles ? Rien n’est moins sûr.
A l’échelle de l’Europe, c’est le Parti populaire européen (dit « chrétien-démocrate », dominé par la CDU allemande, l’UMP et le centre italien) qui a obtenu la majorité. Son candidat pour la Commission est le Luxembourgeois Jean-Claude Juncker, notoirement atlantiste, libéral et pro-euthanasie. Aucun séisme de ce côté-là, donc.
En face, les 129 élus eurosceptiques (ou « europhobes », selon le nouveau tic verbal médiatique) ne formeront pas un groupe. C’était déjà le constat à tirer des élections de 2009, où les souverainistes étaient divisés. Rappelons que pour constituer un groupe, il faut réunir au minimum une vingtaine d’élus, provenant de 7 États membres de l’Union.
Le UKIP britannique est ultralibéral, y compris sur les valeurs morales (malgré le fait que 30 % des électeurs du Parti conservateur aient voté pour lui, parce qu’il était formellement contre le mariage gay institué par David Cameron). Surtout, il aspire à gouverner en Grande-Bretagne, donc à ne pas s’unir au « racist party » (d’après le très sérieux Daily Telegraph) qu’est le Front national. Son allié, le Parti du peuple danois, est sur la même longueur d’onde. Idem pour la N-VA flamande, proche des milieux d’affaires d’Anvers [1]
Hormis le FPÖ autrichien, dont le très bon score confirme la prospérité, Marine Le Pen n’a donc pour partenaires que les maigres troupes du PVV néerlandais (trois députés), des Démocrates suédois (deux députés), et peut-être du KNP polonais. Le Jobbik hongrois, nationaliste, partisan d’une Hongrie aux frontières antérieures à la Première guerre mondiale, a été exclu des négociations par la présidente du FN. Quant aux formations néofascistes qui arrivent à Bruxelles, le NPD allemand et l’Aube Dorée grecque, sauf si elle veut ruiner son crédit, Marine Le Pen ne s’alliera jamais avec ces individus.
Pas de séisme en vue à Bruxelles, donc. A moins que le poids symbolique des eurosceptiques ne pousse les partis de droite à faire preuve de davantage de souverainisme. Ce qui serait sage pour leur survie électorale, au moins en France et au Royaume-Uni.
Finalement, ces élections, discréditées par l’absence de campagne, et l’autisme des promoteurs de l’Union européenne en vigueur, n’auront fait que consolider le constat que l’Europe est composée de nations, qui se préoccupent de leurs intérêts et de leurs enjeux locaux, et non d’un agenda commun devenu abstrait et inaccessible.
[1] Notons que la N-VA flamande a voté en bloc pour l’euthanasie des enfants en Belgique, en décembre dernier. Quant au UKIP, il s’est abstenu sur toutes les questions morales et familiales au Parlement européen.
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