L’infolettre du R&N revient bientôt dans vos électroboîtes.
On y bénit la force, et on y punit la paix.
Dessin de Corsaire : « Devinette : Lequel de ces deux manifestants finira au poste ? »
Depuis maintenant six mois, deux mouvements d’ampleur ont éclaté en France, et si l’un semble être marginalisé par la presse et les pouvoirs publics, l’autre s’en sort plutôt bien. Vous devinerez aisément qu’il s’agit des opposants à l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Le premier se distingue des autres par le calme de ses manifestants, le deuxième par l’extrême violence des « défenseurs » autoproclamés du site face aux forces de l’ordre. Le premier mouvement a été réprimé par de nombreuses gardes à vues, le deuxième bénéficie d’une extraordinaire mansuétude des pouvoirs publics, surtout depuis ces jours derniers, puisque la présence policière s’est considérablement réduite, afin d’entrer dans un dialogue, affirme la préfecture. Cette décision de céder du terrain aux manifestants de Notre-Dame-des-Landes montre en définitive la logique perverse qui s’est installée dans ce pays depuis trop longtemps : tant qu’un mouvement n’est pas violent, il n’est pas écouté.
C’est une grave responsabilité que porte le gouvernement qui cède à la violence, et même envisage l’amnistie lorsqu’il s’agit de syndicalistes, et qui de l’autre côté réprime de jeunes gens qui chantent sur des pelouses, et dont le seul crime est de s’opposer à ce que ses promoteurs eux-mêmes qualifient de « changement de civilisation ». En définitive, ce que le gouvernement veut nous dire, c’est qu’il cautionne la violence. Il n’est plus guère démocratique, puisqu’il oppose la violence à la paix, et qu’il tolère les agissements d’anarchistes d’extrême-gauche. En somme, le gouvernement préfère la violence à la conscience. En France, dorénavant, c’est la force qui fait le droit, comme l’affirmait le sénateur Jean-Pierre Michel. L’Égalitarisme, le nivellement des différences prend le pas sur la justice. Par la force, le bien commun est sacrifié sur l’autel d’un relativisme absolutiste qui place les intérêts particuliers au dessus du bien de tout le corps social. L’idéologie remplace la raison, et devient une foi intégriste et soucieuse d’éliminer tout ce qui lui barre la route. Le pouvoir n’est plus vu comme un service, mais comme un privilège. Ceux qui le détiennent s’octroient le droit d’en user à leur convenance. En France, c’est à présent la loi de la jungle.
Si nous manifestons, c’est que nous refusons que notre pays sombre dans la tyrannie d’une violence systématique. Cette violence est contraire à nos principes. En dépit de ce que la presse et le parti socialiste peuvent affirmer, ce n’est ni de la haine, ni de l’homophobie. Nous ne jugeons personne, nous luttons pour le bien commun contre un gouvernement qui l’a volontairement oublié. En se liant à des groupes de pression, il a choisi la voie d’un communautarisme radical. Il a choisi de privilégier les droits d’un groupe contre ceux de l’enfant. Tout cela au nom de l’idéologie. Quand à nous, nous poursuivons notre combat dans la paix. Peut-être avons-nous tort, humainement. Face à un gouvernement qui ne croit qu’au rapport de force, une jeunesse désarmée et pacifique n’a que peu de poids. Mais elle continuera son combat, même si la loi devait être votée, car elle a plus qu’aucune autre la conscience du manque que constitue la privation d’un père ou d’une mère. Cette génération est l’héritière de mai 68. Elle en est aussi la victime. Elle a subi de plein fouet la promotion d’un égoïsme hédoniste qui a fait de la moitié des enfants de ce pays des orphelins de la garde alternée. Ces jeunes ne souhaitent l’absence de cette altérité à personne. Ce n’est pas de l’homophobie. C’est tout simplement le réel qui pousse à s’engager au service du bien commun. Pour ceux qui ont eu la chance, et j’en fais partie, d’avoir une famille stable et aimante, c’est la crainte de voir l’enfant et la femme devenir l’objet d’un marchandage qui nous effraie. Les déclarations de Pierre Bergé et de Najat Vallaud-Belkacem n’ont fait que nous conforter dans cette angoisse de voir un jour des femmes pauvres vendre le fruit de leurs entrailles à un couple riche. Enfin, c’est contre un communautarisme totalisant que nous nous battons. Nous refusons de voir notre société être éparpillée et transformée en un patchwork d’égoïstes, quels qu’ils soient. Loin des slogans affichés par la gauche, nous avons une conscience aiguë de ce qu’est le « vivre-ensemble ».
Car la communauté politique doit avant tout s’occuper du bien commun. Elle s’occupe de matières qui touchent à la cité dans son ensemble. Chaque caste ne peut y vivre pour elle-même, sans quoi il n’y a plus de vie sociale, mais une concurrence d’égoïsmes, qui pousse jusqu’à nier le vrai, la nature, le réel, dès lors qu’ils vont à l’encontre des projets personnels et d’une vision nombriliste du Bien. L’ensemble ne serait maintenu que par un État redistributeur et organisateur d’événements culturels et festifs, afin que la société puisse continuer à se mentir.
Finalement, chaque communauté sera confinée dans un entre-soi, arc-boutée sur ses avantages, ses privilèges, et ce qui « forge » son identité, qu’il s’agisse de la couleur de sa peau, sa religion ou ses préférences sexuelles. Chacun cherchera son semblable, et rejettera tout ce qui lui sera différent. Il n’y aura plus de société, et plus de civilisation.
Le R&N a besoin de vous !
ContribuerFaire un don
Dernières dépêches : [NOUVEAUTÉ] Sortie du jeu de société chrétien « Theopolis » • Retour de la communion sur les lèvres à Paris • Etats et GAFA : l’alliance impie est en marche • [CHRISTIANOPHOBIE] Retour sur le concert raté d’Anna von Hausswolff • [ÉGLISE] Les hussards de la modernité à l’assaut des derniers dogmes de l’Eglise • [IN MEMORIAM] Charles, entre idole des jeunes et divinité laïque • [CHRÉTIENTÉ] L’épée d’Haïfa et la chevalerie rêveuse • Le service public l’a décrété : le wokisme n’existe pas • [IN MEMORIAM] L’Heure des comptes viendra-t-elle bientôt ? • [IN MEMORIAM] 4 novembre 1793 : Louis de Salgues de Lescure
Le Rouge & le Noir est un site internet d’information, de réflexion et d’analyse. Son identité est fondamentalement catholique. Il n’est point la voix officielle de l’Église, ni même un représentant de l’Église ou de son clergé. Les auteurs n’engagent que leur propre conscience. En revanche, cette gazette-en-ligne se veut dans l’Église. Son universalité ne se dément point car elle admet en son sein les diverses « tendances » qui sont en communion avec l’évêque de Rome : depuis les modérés de La Croix jusqu’aux traditionalistes intransigeants.
© 2011-2025 Le Rouge & le Noir v. 3.0,
tous droits réservés.
Plan du site
• Se connecter •
Contact •
RSS 2.0