L’infolettre du R&N revient bientôt dans vos électroboîtes.

Cinéma français et bien-pensance font toujours bon ménage

19 novembre 2013 Chouan Orphelin

Je vais très rarement au cinéma. La dernière fois remonte à la sortie de l’excellent « Jappeloup ». Par manque de temps, mais aussi parce que cela représente un coût non négligeable à Paris, même avec une réduction. Il est rare que je ressorte de la salle sans avoir la désagréable impression d’avoir payé trop cher, tant les chefs-d’œuvre se font rares. Pourtant, « Quai d’Orsay » m’a motivé, pour trois raisons :

  • La BD est une merveille d’humour absurde, et j’étais curieux de voir son adaptation à l’écran (assez réussi à mon goût).
  • Thierry Lhermitte n’est pas non plus pour rien dans ma décision, tant son jeu d’acteur est bon (encore une fois confirmé ici).
  • Enfin, je voulais conforter mon opinion sur la nécessité d’interner Dominique de Villepin.

Si le film, jouant efficacement son rôle de divertissement, m’a fait passer un agréable moment, il en fut autrement des bandes annonces. Parmi celles-ci, deux m’ont fait particulièrement bondir.

La première est celle de « Les garçons et Guillaume, à table ». L’histoire d’un petit garçon fasciné par sa mère, à qui il rêve de ressembler, grandissant dans le fantasme d’être une fille, et devant assumer son hétérosexualité à l’âge adulte devant une famille persuadée qu’il préférait les hommes.
Télérama, mon éternelle boussole-sud, encense Guillaume Gallienne avec cette fabuleuse critique : « En adaptant son spectacle de one man show au cinéma, ce pitre génial aux manières efféminées signe un premier film en forme de désopilante comédie du genre. »
Et du genre, parlons-en : une mère qui élève son fils en le distinguant de ses frères, comme le suggère le titre du film, le poussant à « faire la fille » (en se déguisant en Sissi par exemple) et lui prodiguant des conseils aussi éclairés que « tu ne peux pas savoir si tu aimes les garçons tant que tu n’auras pas essayé » – ou quelque chose d’approchant. Voilà les images qui émaillent cette bande annonce, transpirant l’idéologie du genre du début à la fin.
Même si je pense deviner que Guillaume Gallienne a souffert de cette éducation et que réaliser cette comédie lui sert peut-être de thérapie, porter l’idéologie du genre à l’écran dans le contexte actuel ne fera qu’apporter un peu plus de confusion dans l’esprit des gens.

La deuxième bande annonce qui fleure bon la propagande est celle du documentaire relatant la « Marche des Beurs ». En 1983, alors que deux ans auparavant le pays était passé de l’ombre à la lumière, une bande de « chances pour la France », emmenée par un éducateur, décide de couvrir Marseille-Paris à pied pour dénoncer discriminations et racisme dont ils seraient victimes.
Le portrait est évidemment incomplet s’il n’est pas précisé que le rôle phare revient à Jamel Debbouze, acteur qui passe autant de temps à l’écran qu’à cracher sur la France et le système qui lui permet aujourd’hui d’habiter sur l’île Saint-Louis.
La Marche fête donc ses 30 ans. L’occasion de fêter 30 ans de subventions et de victimisation sans doute ? Mais plus probablement l’occasion pour la caste politico-médiatique de prolonger la séquence anti-raciste montée en épingle suite à la désormais fameuse « affaire de la banane ».

La sortie de ses deux films prochainement est sans doute un hasard du calendrier. Il n’empêche. Les sujets traités font le tour des médias au point de friser l’overdose permanente. Seuls les prêtres de la bien-pensances sont autorisés par les chiens de garde à en parler. Pour être réinvité et éviter les foudres d’Aymeric Caron ou de Patrick Cohen (par exemple), il est fortement conseillé de dénoncer le retour de la France rance et homophobe ainsi que d’agiter la menace brune qui pèse sur la République. Un pointage sera sûrement effectué à la Marche Des Républicains du 8 décembre prochain. Logiquement, toute absence non justifiée vaudra excommunication.
Comme ces films parlent de « vivre-ensemble », de « tolérance » et d’ouverture à l’Autre, il est fort à parier qu’ils fassent de sorties scolaires et de débats en cours de morale laïque et d’instruction civique. Le bourrage de crâne des petites têtes blondes est en marche, celle des autres étant par nature déjà infectées.
Il est urgent de réinvestir les domaines culturel et associatif délaissés au profit d’une gauche sectaire, distillant depuis trop longtemps son poison en profondeur dans la société. La capacité du système en place à produire des anticorps pour lutter contre les microbes que nous sommes annonce la tâche ardue. Mais comme nous le rappelle Mark Twain, « ils ne savaient pas que c’était impossible, alors ils l’ont fait ».

Le Chouan Orphelin

19 novembre 2013 Chouan Orphelin

Prolongez la discussion

Le R&N a besoin de vous !
ContribuerFaire un don

Le R&N

Le Rouge & le Noir est un site internet d’information, de réflexion et d’analyse. Son identité est fondamentalement catholique. Il n’est point la voix officielle de l’Église, ni même un représentant de l’Église ou de son clergé. Les auteurs n’engagent que leur propre conscience. En revanche, cette gazette-en-ligne se veut dans l’Église. Son universalité ne se dément point car elle admet en son sein les diverses « tendances » qui sont en communion avec l’évêque de Rome : depuis les modérés de La Croix jusqu’aux traditionalistes intransigeants.

© 2011-2025 Le Rouge & le Noir v. 3.0, tous droits réservés.
Plan du siteContactRSS 2.0