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[J. OUSSET] Commandement de Dieu et propriété privé ?
Chaque mercredi, le Rouge & le Noir publie un extrait de Jean Ousset (1914-1994). Ces extraits ont pour objectif de répondre à une question, en se fondant sur les Ecritures. (Source Le travail, p. 33 )
Pour se former et agir à l’école de Jean Ousset, ces publications sont diffusées en collaboration avec Ichtus, organisation héritière de la pensée et de son oeuvre.
Ichtus propose des formations « Anthropologie et Politique » à l’école de JP II avec Bruno de Saint Chamas à partir du 4 novembre 2014, « Faire aimer la Civilisation » par l’Art avec Nicole Buron le 13 novembre, « Les ateliers de l’Histoire » avec Martin Dauch le 19 novembre.
(…) il existe un commandement de Dieu spécialement prévu pour interdire de porter atteinte à la propriété d’autrui, et par conséquent, (…) à la propriété tout court. Et non seulement, comme l’insinuent certains, à une propriété de forme plus ou moins collective, mais à la propriété privée. Le texte même de la phrase sacrée ne permet aucune équivoque. Elle défend, sous une peine très grave, jusqu’au désir même du bien d’autrui.
« Tu ne convoiteras pas la femme de ton prochain, ni sa maison, ni son champ, ni sa servante, ni son bœuf, ni son âne, ni rien de ce qui est à lui ».
Si une maison, un champ, un âne ou un bœuf peuvent être à la rigueur, objet de propriété collective, on conviendra qu’il n’est pas dans l’esprit divin de voir la femme ramenée à ce type de possession ; dès lors et par le fait qu’elle appartient à l’énumération, sa seule présence indique qu’il est d’abord question ici de propriété personnelle, de la propriété privée.
Actes 4,32-35 : « ils avaient tout en commun »
32 La multitude de ceux qui étaient devenus croyants avait un seul cœur et une seule âme ; et personne ne disait que ses biens lui appartenaient en propre, mais ils avaient tout en commun.
33 C’est avec une grande puissance que les Apôtres rendaient témoignage de la résurrection du Seigneur Jésus, et une grâce abondante reposait sur eux tous.
34 Aucun d’entre eux n’était dans l’indigence, car tous ceux qui étaient propriétaires de domaines ou de maisons les vendaient,
35 et ils apportaient le montant de la vente pour le déposer aux pieds des Apôtres ; puis on le distribuait en fonction des besoins de chacun.
(…) Contrairement à ce que prétend le socialisme, c’est au nom même de ses avantages sociaux que peut être justifiée la propriété privée. Elle est plus bienfaisante à la société que la propriété socialiste. Peut-être n’est-il pas inutile de placer ici la réfutation d’une erreur fort répandue et que les meilleurs professent trop souvent à l’endroit de ce qu’ils appellent le « communisme » des premiers chrétiens. Cela est abusif. On peut, à la rigueur, parler d’un certain communisme des premiers chrétiens de l’Eglise de Jérusalem. Nous en trouvons la description dans les Actes des Apôtres. On peut même dire que cette expérience s’insère dans la série des tâtonnements sociaux des communautés chrétiennes à leurs débuts. Aucun dogmatisme n’y apparaît (donc impossibilité de mettre en cause ici l’éventuelle infaillibilité doctrinale de l’Eglise). Il y a eu simple expérience... Or, cette expérience fut concluante : elle précipita l’Eglise de Jérusalem dans la misère.
Pour y remédier, saint Paul devra courir et alerter les autres chrétientés de l’Asie Mineure, des bords de la mer Egée et de la mer Noire. Dans son magnifique commentaire sur les Epîtres de l’Apôtre replacées dans leur cadre historique, Dom Delatte, Abbé de Solesmes, n’a pas manqué de le signaler. Qu’on ne parle plus donc du communisme des premiers chrétiens... L’échec de Jérusalem fut assez retentissant pour que les autres Eglises s’abstiennent de l’imiter. On y fut charitable, et cela est tout autre chose que le communisme.
Voir dans le Catéchisme de l’Eglise Catholique N°1934 à 1938
1934 Créés à l’image du Dieu unique, dotés d’une même âme raisonnable, tous les hommes ont même nature et même origine. Rachetés par le sacrifice du Christ, tous sont appelés à participer à la même béatitude divine : tous jouissent donc d’une égale dignité.
1935 L’égalité entre les hommes porte essentiellement sur leur dignité personnelle et les droits qui en découlent :
Toute forme de discrimination touchant les droits fondamentaux de la personne, qu’elle soit fondée sur le sexe, la race, la couleur de la peau, la condition sociale, la langue ou la religion, doit être dépassée, comme contraire au dessein de Dieu (GS 29, § 2).
1936 En venant au monde, l’homme ne dispose pas de tout ce qui est nécessaire au développement de sa vie, corporelle et spirituelle. Il a besoin des autres. Des différences apparaissent liées à l’âge, aux capacités physiques, aux aptitudes intellectuelles ou morales, aux échanges dont chacun a pu bénéficier, à la distribution des richesses (cf. GS 29, § 2). Les " talents " ne sont pas distribués également (cf. Mt 25, 14-30 ; Lc 19, 11-27).
1937 Ces différences appartiennent au plan de Dieu, qui veut que chacun reçoive d’autrui ce dont il a besoin, et que ceux qui disposent de " talents " particuliers en communiquent les bienfaits à ceux qui en ont besoin. Les différences encouragent et souvent obligent les personnes à la magnanimité, à la bienveillance et au partage ; elles incitent les cultures à s’enrichir les unes les autres :
Je ne donne pas toutes les vertus également à chacun ... Il en est plusieurs que je distribue de telle manière, tantôt à l’un, tantôt à l’autre ... A l’un, c’est la charité ; à l’autre, la justice ; à celui-ci l’humilité ; à celui-là, une foi vive ... Quant aux biens temporels, pour les choses nécessaires à la vie humaine, je les ai distribués avec la plus grande inégalité, et je n’ai pas voulu que chacun possédât tout ce qui lui était nécessaire pour que les hommes aient ainsi l’occasion, par nécessité, de pratiquer la charité les uns envers les autres ... J’ai voulu qu’ils eussent besoin les uns des autres et qu’ils fussent mes ministres pour la distribution des grâces et des libéralités qu’ils ont reçues de moi (S. Catherine de Sienne, dial. 1, 6).
1938 Il existe aussi des inégalités iniques qui frappent des millions d’hommes et de femmes. Elles sont en contradiction ouverte avec l’Evangile :
L’égale dignité des personnes exige que l’on parvienne à des conditions de vie plus justes et plus humaines. Les inégalités économiques et sociales excessives entre les membres ou entre les peuples d’une seule famille humaine font scandale. Elles font obstacle à la justice sociale, à l’équité, à la dignité de la personne humaine, ainsi qu’à la paix sociale et internationale (GS 29, § 3).
Pour se former et agir à l’école de Jean Ousset, lire « Pour qu’il Règne », ouvrage historique de ceux qui veulent agir « à contre courant » comme nous y invite le Pape François.
Ces publications sont diffusées en collaboration avec Ichtus, organisation héritière de la pensée et de l’œuvre de Jean Ousset.
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