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Être des modèles pour notre temps

An du Seigneur deux-mil treize, vendredi 25 octobre. Le Garde des Sceaux Christiane Taubira se rend à Angers pour une visite de courtoisie alors qu’un groupe d’opposants au « mariage » homosexuel venu pour l’accueillir en bonne forme crie sa colère. Rassemblement apaisé mais déterminé de prime abord, il va très vite dégénérer en réunion d’ultraréactionnaires phalangistes nostalgiques de tout ce que l’histoire de l’humanité compte de plus dégueulasse en terme d’horreurs, de crimes raciaux, de génocides, de pillages, de ruptures, de morts, de feu sur la terre et de foudre sur les paratonnerres d’une humanité qui plie mais n’offre jamais reddition aux séquelles de sa propre destruction, par la faute d’une pauvre âme contaminée par les derniers artisans d’une France belliqueuse et sclérosée : milieux nationaux-catholiques souvent consanguins et fin de race, sévissant encore en campagne, dispersés dans les vieux châteaux en ruines enfoncés dans les bourbes du pays qu’ils occupent comme derniers tenants d’un héritage révolu et où la parole libérée du messianisme médiatique n’est pas encore arrivée pour leur apprendre que le XXIe siècle a succédé au XIe. Je veux bien évidemment vous parler de cette fillette de quatorze ans. Avec tout ce que comporte de nigaud et de crétin cet âge ingrat, il n’aura pour autant pas fallu de temps à la mère de l’information moderne dispensatrice de vérité que représentent autant d’internets, de journaux et de chaines de télévisions stupides payées par les impôts, des catholiques aussi, pour se mettre en route et vomir toute la haine que devrait avoir chaque âme qui respire, chaque braconnier chasseur de dauphin et chaque sadique tueur de bébé chat pour le racisme en plein avènement, historique, que la société subit dans le dégout, dans les cris de Christine Angot, le repentir de Yann Moix et les gros yeux de Jean-Michel Aphatie.

Si une telle déferlante médiatique souffle dans les bronches de la France entière, même chez ceux qui ne demandent qu’à casser le plus de télévisions possibles, c’est parce qu’on la sait particulièrement sensible à toute forme d’opportunité pour casser les élans des opposants à la caste. Je voudrais être très sincère. Vous connaissez la gauche. Nous la connaissons tous. Nous connaissons ses mécanismes, ses modes opératoires, sa manière d’agir sale de malhonnêteté et de sophisme, son œil de vipère à chercher et exploiter n’importe quelle parole, n’importe quel soupir de travers ou hoquet malheureux. Nous connaissons tout cela. Alors pourquoi continuez-vous ? Pourquoi continuez-vous à taguer des croix gammées sur les murs des mosquées, des croix gammées sur les maisons des noirs, des croix gammées sur les caravanes des romanichels tout en sachant que ce que vous avez fait sera repris par l’ennemi et sapera un élan d’opposition national qui ne demande pas à être assimilé à deux trois obsédés qui taguent des symboles même pas français ou tiennent des propos qui n’ont pas droit de cité dans nos églises ou nos maisons. Le maître-mot c’est l’exemplarité. L’exemplarité qui nous rend intouchable, qui ne donne plus son grain à moudre à la matrice de la caste, qui fait figure de gravillon entre les rouages d’un système en faillite. La qualité, c’est notre esprit, duquel provient notre intelligence et notre bon agir, notre souci de savoir parler à un monde qui se meut en permanence, trop vite, et qui nous demande d’adapter une part de forme, sans jamais compromettre le fond, dans une seule optique : gagner le jeu diabolique que nous imposent nos adversaires. Une seule issue : la mort, le Jugement, la rédemption, ou la damnation, pour tout le monde. Ne donnons jamais les dés à l’adversaire pour nous mettre à plat-ventre et nous braquer son canon sur la nuque. Ne leur donnons aucun répit, aucune parole malheureuse, aucun acte déraisonné, aucune opportunité. La France de Clovis, de Charlemagne, de Saint Louis et de Jeanne d’Arc ne s’est pas faite à base de tags nazis et de « bougnoule », « négro », « youpin », « pied-de-figuier », « citron pressé », « guenon » et autres noms d’animaux et agrumes divers. Ni la France des anciens ni la nôtre n’est celle de l’insulte, laissons-la leur, nous n’en faisons rien, puisque tant criblée de balles de la bien-pensance, notre peau catholique, française et traditionnelle, est devenue imperméable. Cet esprit de chevalerie de la pénitence, cet honneur de l’exemplarité, que nous appelle à vivre le Christ, honneur bellement défini, repris et à méditer sans cesse, si vous me permettez la mention, par Albert Schweitzer : « L’exemplarité n’est pas une façon d’influencer, c’est la seule. »

Lysenfleur

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