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De la laïcité : iconoclasme révolutionnaire républicain

12 novembre 2013 lysenfleur ,

Cet article fut perdu suite à notre piratage. Nous l’avons heureusement retrouvé. Eu égard à son caractère atemporel, il mérite une seconde publication.

Aux ministres, députés, sénateurs, préfets, en grâce et communion avec le Siège républicain,

Mes frères si nous avons remplacé le doigt de Dieu par celui des hommes, soyez bien assurés que c’est par ce moyen que vous régnez encore.

L’objet n’est pas d’écrire un propos redondant, qui condamnera une fois de plus la laïcité comme entité maçonnique à la solde du sécularisme, du sionisme et de la finance internationale, dans un processus d’uniformisation des esprits et des âmes tout porté non plus vers un architecte quelconque mais justement, ex nihilo nihil, vers un vide duquel rien n’a jamais procédé.
Ça, vous le savez déjà.

L’objet, c’est la charité, davantage que la condamnation ou la mise en garde. La charité qui dit à tous : faites attention où vous mettez les pieds, voyez les loups déguisés en brebis et les faux prophètes de ce temps qui, paraissant prêcher des voies de justice, de paix et de tolérance, se parent des toges de l’idolâtrie et du mensonge. En somme ma charité, c’est avoir le courage de dire à l’autre, pour sa propre rédemption, qu’il est un hérétique.

Nous sommes catholiques, notre foi professe que c’est en dehors de celle-ci que le démon a fait sa demeure. La charité, la foi, ma quête de vérité et mon espérance qui se veulent sans faille me disent de ne pas m’exclure de l’Église qui est la seule maison des chrétiens. Nous devons professer chaque jour ce en quoi nous croyons. Professer, c’est-à-dire dresser le portrait de notre foi, non-seulement à notre cœur et à notre intelligence mais aussi aux oreilles de ceux qui n’attestent pas que Jésus-Christ est seul sauveur des hommes. Humblement et simplement, se poser en dépositaires de la vraie foi reçue des apôtres qui eux-mêmes l’ont reçu du Dieu véritable, dans une filiation toute aimante. Professer mais pas réciter, tout l’inverse des pharisiens d’hier et d’aujourd’hui, complaisants à énumérer comme des points d’un programme ou d’un règlement vidés de leur substance des préceptes se voulant fondamentaux mais déclinés d’une aridité stupéfiant par sa froideur. Cette tentation pharisaïque qui préfère la récitation à la profession manifeste aujourd’hui un retour particulièrement criant qui doit nous inquiéter. Les chrétiens de ce temps, pour beaucoup, récitent, mais ne professent plus, à l’image de ce lycéen endoctriné par la matrice scolaire dont les professeurs excitant à la révolution les exhortent à réciter même en dehors des cours, en vomissant des slogans portant atteinte à l’intelligence humaine tant par leur bêtise que leur répétition frénétique.

Ce pharisaïsme aboli par Jésus-Christ, la République le réactualise, dans ses écoles, ses administrations, ses média. Sa volonté panurgiste ne fait pas de nous des penseurs qui adhérons à une position, une idée ou à une foi et qui devons l’exposer, mais des enfants qui récitons la leçon sans la comprendre. Du pharisaïsme, on décline entre autres choses la laïcité, puisque intrinsèquement issue de l’homme orgueilleux qui pense que l’on peut espérer se sauver tout en écartant de la vie publique les croix et les soutanes. La foi n’est pas une réflexion, elle est muée en temps réel. Elle nous extrait des opinions des hommes, elle rend inattaquables. Elle nous arrache aux tentations humaines de la division perpétuelle. Elle fait l’unité entre les hommes et leur ouvre une porte pour s’élever. A l’inverse, la laïcité respecte toutes les opinions, surtout celles qui sont fausses. Elle assure la primauté de l’homme sur le divin. Elle ne veut pas du règne social de Notre Seigneur, elle veut celui des hommes, par essence faillibles, souvent menteurs, encore plus souvent égoïstes. En cela, elle est une pensée, une philosophie, ou même une religion, qu’il nous faut combattre.

Dounia Bouzar, nommée par le Premier ministre à l’ « Observatoire de la laïcité » nous explique que la France « a montré l’exemple en matière de laïcité », qu’il y a beaucoup de fêtes chrétiennes et que le clergé (que chacun sait très viril à notre époque) ne serait pas « opposé » à laisser gratter un peu de terrain aux fausses religions qui manifestent une demande légitime de reconnaissance dans le panthéon des spiritualités farfelues défini par la laïcité. Souvenez-vous encore Jacques Attali, philosophe véreux en mal de reconnaissance, en 2003, qui vous expliquait qu’il « convenait d’enlever de notre société laïque les derniers restes de ses désignations d’origine religieuse. »
La perle reste cependant à notre Vincent Peillon national qui assène en 2005 : « L’enjeu est de forger une religion qui soit non seulement, plus religieuse que le catholicisme dominant, mais qui ait davantage de force, de séduction, de persuasion et d’adhésion, que lui. ». Grâce soit rendue à Dieu : si le ministre ne parle que du catholicisme, c’est un acte de foi. Il reconnaît sa dimension supérieure, sa dangerosité en tant que vraie religion. C’est la dernière bataille entre la dispensatrice du salut et les colonnes infernales.

Dernièrement publiée, la charte de la laïcité, testament du même maçon Peillon à l’égard de ses prêcheurs incarnés par l’École de la République dont les missionnaires ne portent plus la soutane mais la barbe de trois jours et des jeans, se livre pour affirmer toujours plus son refus de la transcendance. La République ne veut pas éduquer ses enfants, car ce ne sont plus les vôtres, ils appartiennent à l’État, dans la morale et la vertu autrefois si chères aux familles, encore imprégnées de ces désirs d’absolu et de beauté qui devraient tous encore nous appeler à la sanctification.
Mais non, la sanctification, ce n’est pas un précepte laïc, la République aura tôt fait de le rappeler : dès 1879, c’est l’interdiction des processions religieuses, en 1880, la République expulse jésuites, bénédictins, capucins, carmes, franciscains et assomptionnistes. Ce qu’on pourrait appeler l’an 0 de la religion laïque intervient en 1904 : suppression des congrégations enseignantes. On a définitivement remplacé la soutane par le sans-culotte. Depuis, on n’apprendra plus jamais aux enfants la vertu chrétienne. Mais heureusement, les commandements laïcs nous offrent la tolérance, l’humanisme, le progrès, le multiculturalisme, toutes ces choses bien. Oui mais sont-ce seulement des principes chrétiens ? On pourrait penser que oui. Mais assurément pas.
Le Jésus en lequel nous croyons n’était pas de ceux qui vous disent qu’à César appartient tout, et que Dieu n’existe plus. Le Jésus en lequel nous croyons nous a défendu de tolérer l’erreur qui émane des faux prophètes de ce temps. Le Jésus en lequel nous croyons ne convoquait pas d’assemblées constituantes entre apôtres pour décréter ce que le Père lui avait commandé des cieux, il n’était pas démocrate, et au fond, vous le savez bien. Souvenez-vous, catho de droite, de Jacques Chirac, qui écrivait dans son livre La France pour tous : « L’État républicain, c’est aussi la laïcité. » Avons-nous choisis de vivre dans « L’État républicain » caractérisé par la laïcité ou bien auprès du Père qui a fait de Son Église la première et la dernière demeure des chrétiens ? La laïcité apparaît (justement) consubstantielle à la république, décrétée comme âme artificielle et officielle de la société sécularisée, qu’en dehors, rien n’existe et que quiconque s’en écarterait se verrait marginalisé, broyé par ses tenants.

« Il y a eu parmi le peuple de faux prophètes, et il y aura de même parmi vous de faux docteurs, qui introduiront des sectes pernicieuses, et qui, reniant le maître qui les a rachetés, attireront sur eux une ruine soudaine. Plusieurs les suivront dans leurs dissolutions, et la voie de la vérité sera calomniée à cause d’eux. Par cupidité, ils trafiqueront de vous au moyen de paroles trompeuses, eux que menace depuis longtemps la condamnation, et dont la ruine ne sommeille point. » 2 Pierre II:1-3

Je ne prie que pour une chose : que les chrétiens réaffirment, professent à nouveau, de tout leur cœur, leur foi en le Dieu unique, et pas en des règlements fixés par des oligarchies à peine intéressées par le bien des hommes. Si nous avons foi en Christ, notre premier des devoirs est de renier tout ce qui nous en éloigne, et de travailler à l’avènement de Son règne en ce monde duquel nous ne sommes pas mais où nous devons avoir à cœur de travailler si nous voulons retrouver le Père dans le monde qu’Il prépare aux âmes qui sont sauvées.

Lysenfleur

12 novembre 2013 lysenfleur ,

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