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« Il faut toujours prier comme si l’action était inutile et agir comme si la prière était insuffisante »

Après chaque manifestation, chaque rassemblement, vient le temps du décompte. Si cette fois aucun grand média n’évoque ce sujet, il a été très fortement repris en janvier, et pourrait l’être en mars. Pourtant, ce point n’est pas celui qu’il faut défendre. Qu’est-ce qu’un nombre face à une société en pleine dérive ? Que vaut une simple valeur numérique face à celles que nous défendons ? Il est nécessaire, aujourd’hui, non pas de vivre un après-manifestation, mais d’envisager de futures actions, faute de quoi, en effet, nous risquons de subir une véritable destruction de la structure familiale et d’imposer, par notre faiblesse, aux générations à venir ce cadre de vie dénué de tout repère.

C’est à nous d’agir pour ces enfants à naître, pour ces enfants déjà nés, pour éviter la banalisation de la perversité. Si le mot peut choquer par son intensité, sa force, leurs actions n’en sont pas moins empreintes. Des enfants ont déjà été victimes de l’influence de leurs « parents » homosexuels, sauf si on veut croire qu’il est parfaitement normal qu’un petit garçon de huit ans se dise un jour qu’il est une petite fille, qu’il veut devenir physiquement une petite fille et qu’il doit donc avoir le droit de devenir une petite fille. [1] . Il ne s’agit là que d’un endoctrinement, d’une pression exercée, de façon volontaire ou non (gardons un peu d’optimisme), par le couple de lesbiennes qui l’élève. À la vue de ce petit garçon, un malaise est visible. J’entends déjà mes contradicteurs (toujours aussi charmants, ouverts d’esprit et délicats [2] ) me dire que ce malaise vient tout simplement du fait d’être physiquement un petit garçon quand, au plus profond de son être, on a toujours su que l’on était une petite fille. Une fois mise à part l’absurdité de cette affirmation, il est également possible de penser, n’en déplaise à ces chers contradicteurs bien-pensants, que c’est l’influence de ce couple de lesbiennes qui l’a poussé à rejeter sa nature, ce qui a profondément perturbé cet enfant.

Il faut donc agir, pour les générations à venir, mais également pour chacun de nous et pour notre pays. Pour mener à bien ces actions, il est bon de penser encore et toujours à sainte Thérèse et de se rappeler qu’« il faut toujours prier comme si l’action était inutile et agir comme si la prière était insuffisante. » Ce qui est engagé aujourd’hui n’est pas une querelle politicienne à résoudre par un flot de mots vanorum mellitorumque. Face à l’ordre naturel, à la vie, il y a ceux qui défendent une prétendue « liberté », le « droit » d’avoir accès à ce que la nature leur refuse. Regarder leurs actes, écouter leurs affabulations, ne pas répondre, se laisser emporter aux changements de sujets qu’ils opèrent pour masquer le simple fait qu’ils n’ont aucun argument, n’est-ce pas là, en somme, devenir, consciemment ou non, complices d’une perversion ?

Sainte Thérèse de Lisieux semble, à première vue, opposer action et prière. Mais dans ce système qu’elle expose, il est tout à fait impossible de les dissocier l’une de l’autre. La prière soutient les actions, cette prière que la sainte carmélite appelle, ces prières qu’ils critiquent, eux qui sont reçus par nos « dirigeants », nous désignent et suivent du regard chacun de nous. Cette prière est liée à l’action, la dépasse et doit sans cesse gagner en intensité, tout en étant, bien entendu, mêlée à une action physique, que j’oserais même qualifiée de « vulgaire ». Je vous ai déjà exhortées, mesdemoiselles, mesdames, à « retrousser vos jupons » (sans dépasser la bienséance, bien entendu…) N’oublions pas que derrière ces querelles de chiffres, ce sont nos ventres (que l’on m’accorde même la trivialité de dire « nos utérus, très précisément ») qui sont visés ! N’oublions pas qu’ils ont aussi banalisé, à l’aide d’une loi on ne peut plus violente, la transformation du corps d’une femme en couloir de la mort pour enfant à naître ! N’oublions pas qu’il est naturel (et vous pouvez maintenant baisser vos jupes, ne serait-ce que par décence) de nous joindre à une action qui plus masculine ! Non, je vous le promets, je n’ai pas (encore) sombré dans le féminisme primaire. Néanmoins, sur un sujet comme celui-ci, qui touche l’humanité dans son ensemble, il est naturel et nécessaire de mener ce qui est une lutte pour le bon sens en utilisant à la fois des armes masculines et féminines (puisque nous en avons, même si elles sont bien cachées).

On me demandera alors, de cet air sceptique et sarcastique qui serait tout à fait charmant si le sujet était anodin, comment agir. Et je dirai que chacun pourrait répondre différemment. Tout acte est important et personnel. Certains évoqueront la lettre. C’est beau une lettre, il y a un côté très solennel. Il est bien difficile de résister au plaisir d’une petite séance d’écriture, personne ne dira le contraire, et certainement pas moi. Et pourtant, non, je n’ai pas encore utilisée ma petite plume pour écrire à mon député, je le reconnais. Je laisse à d’autres le plaisir de parodier Boris Vian dans un sentiment d’extase faussement littéraire. L’écriture éveille nécessairement des doutes. Comment écrire ? Que faut-il écrire ? Je fais partie de ceux qui ne supportent pas l’idée de recopier une lettre. Rangez vos exemples, un être humain doté de réflexion pense et s’exprime par lui-même et n’a aucunement besoin qu’on lui dicte ce qui est déjà au plus profond de lui. Non, le problème de la lettre n’est certainement pas celui d’une rédaction fastidieuse ou d’un problème de style. Écrire, c’est transmettre une opinion profonde et nul mot ne vient plus facilement que celui qui exprime une conviction présente au plus profond de l’être, au plus profond de l’âme. Il existe pourtant une nuance, en dehors du fait qu’il soit nécessaire d’avoir un peu de cœur et d’esprit pour la rédiger, à accorder à l’impact d’une lettre : pour qu’elle soit réellement porteuse de sens, elle doit être lue. Il est possible d’envoyer des lettres par centaines, par milliers, que dis-je, par millions. Sans lecture, elles ne restent que des coups d’épée dans l’air, un espoir quelconque, ce « sale espoir » qui tente de se rapprocher de la douce espérance, en vain.

D’autres, et parfois les mêmes, diront qu’il faut demander un référendum, « rendre la parole au peuple ». Il s’agit là d’un bel idéal, laissons s’exprimer ce peuple qui aura, bien entendu, été préalablement nourri jusqu’à la nausée d’un discours visant précisément à lui faire dire ce qu’on voudra lui faire dire. Ce peuple, préfèrera-t-il la rigueur de la morale ou la facilité de l’abandon ? La logique de la nature ou le désir « d’égalité » ? Le bien de l’enfant ou l’envie de l’adulte ? Pourquoi ne choisirait-il pas, en son âme et conscience, d’accepter que des femmes louent leur corps, après avoir consenti au meurtre généralisé d’enfants à naître ? La pensée humaine est bien fragile, surtout quand une pression est exercée par un groupe, même petit… surtout petit (oui, certains groupes d’hommes sont un peu comme des chiens, plus ils sont petits, plus ils aboient fort). Face à ce qui est, il faut bien le reconnaître, une réelle propagande, il serait bon d’utiliser des armes semblables. Mais que faire lorsqu’en face de vous, vous trouvez des lobbies, des pouvoirs publics, des médias… Cette minorité qui prend le pouvoir le fait en s’appuyant sur tous les outils de communication pour tenter de perdre une foule fragile. Car, en effet, la masse est fragile et facilement manipulable.

On dit que le bien est une « égalité », « égalité » qui ne fait que masquer de terribles desseins, dont le moindre est la volonté d’aller contre la nature et ses lois ancestrales. Il y a une réalité bien plus effrayante derrière ce prétexte. Ces êtres qui défendent la dénaturation du mariage ne répondent pas aux arguments qui leur font face. Ils n’évoquent que très rarement le fait que leur opposition soit diverse. Non, ils n’ont qu’une critique, celle de l’Église dite « d’un autre temps » ou encore « raciste et homophobe » (dixit ceux qui n’ont pas mis les pieds dans une église depuis leur baptême, certainement non valide, de toutes façons mais qui connaissent mieux l’Église que les croyants, puisqu’ils ont « un regard extérieur »).

Un exemple est particulièrement marquant, à mon sens, il s’agit du dernier, celui de mardi 29 janvier. Lorsque les députés vont « voir » les manifestants, ils les décrivent immédiatement comme des « extrémistes catholiques ». De même, les critiques et les menaces concernent essentiellement les catholiques. Il s’agit de les « faire taire par tous les moyens », pour reprendre des mots délicatement adressés à mon égard. Ce point est essentiel, car, avec une loi censée affirmer depuis plus d’un siècle que « La République assure la liberté de conscience. Elle garantit le libre exercice des cultes » [3], il est tout à fait étonnant que la critique de ces députés, qui sont pourtant, il me semble, censés représenter cette même République, ne s’exerce qu’à l’encontre des catholiques et qu’elle va même parfois viser des pratiquants pendant qu’ils prient alors que le grand Rabbin de France a également exprimé un avis défavorable à ce sujet [4]. La prière chrétienne (et surtout catholique) suscite en eux de vives émotions. Ils aiment se moquer de Dieu et des fidèles… Pourquoi le faire si, pour eux, Dieu n’existe pas ? Au contraire, ils savent que Dieu existe, sinon, ils ne le rejetteraient pas tant et surtout, n’en parleraient pas tant. Ils sont de ceux qui combattent contre Dieu, de ceux qui suivent cet être qui s’oppose à Dieu.

C’est à ce titre que nous devons utiliser, par dessus tout, cette arme qu’ils redoutent plus que tout, la prière. Malgré la peur, malgré les doutes qui s’éveillent de plus en plus, il est, plus que jamais, nécessaire de puiser au fond de notre âme la foi qui reste profondément ancrée. Si, parfois, nous doutons, si une petite voix vient souffler au creux d’une oreille que ce n’est pas là que ce trouve le bien, que nous allons « brûler en Enfer » ou que nous avons l’air ridicules à genoux sous le crucifix, combien ont encore douté après une messe, ou, tout simplement, après avoir prié ou lu la Bible ? De même, il ne s’agit pas de préserver un peu d’espoir, vague et confus, mais une espérance réelle, celle qui « est le désespoir surmonté », celle de ne pas abandonner parce que « le premier article a été voté », puis le second, puis l’ensemble d’une loi aussi grave et aux conséquences désastreuses, mais, au contraire, de montrer que rien ne fait fléchir, si ce n’est Dieu.

Ces êtres veulent contrôler la vie et la mort par l’avortement, l’euthanasie, la PMA et la GPA. Ils tentent de cacher au yeux de tous le désir fou et malsain qu’ils ont de « dépasser » Dieu qu’ils dissimulent derrière la « nature », comme « source d’inégalité ». Ils ne voient ni ne reconnaissent la prière et veulent une action immédiate, physique, dont ils pourront minimiser la portée et amplifier la fausse violence avec un délice tout aussi malsain. Ils insultent et sombrent quant à eux réellement dans cette même brutalité tout en essayant de cacher le fait qu’ils ne sont plus humains, qu’ils ont perdu toute humanité, et veulent imposer cette déshumanisation à chacun. Ils utilisent alors l’arme du nombre qu’ils pervertissent. C’est justement pour ne pas avoir à leur donner des armes nouvelles et pour exposer leur volonté d’abaisser le poids réel, la conviction, et la démarche de leurs adversaires, c’est à dire chacun de nous, tout en mettant en valeur les excès de haine qui s’expose face à nous que nous serons nombreux, je n’en doute pas, à faire la manifestation du 24 mars (quelle délicate attention, une manifestation le Dimanche des Rameaux…) Soyons donc nombreux à joindre à l’action à la prière, ce que nous invite à faire Sainte Thérèse de Lisieux. Deux possibilités s’offrent à tous, celle de relever ce manque de respect évident pour les catholiques qui pousse à organiser une manifestation en ce jour qui ouvre la Semaine Sainte, touchant donc au fondement même de la foi chrétienne, ou encore, par un élan d’optimisme, celle de penser qu’il s’agit là, en soi, d’un excellent jour, au cœur de la Passion du Christ, pour défendre la vision de la famille qu’Il nous a transmis à la suite de Son Père, la seule qui soit apte à perpétrer la vie.

Marie Proserpine

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